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 Dans la partie précédente, nous avons vu ce qu’était l’Unité Originelle. Lorsque Dieu créa Ève, Adam trouva celle qui le sauvera et lui permettra de se découvrir lui-même en tant qu’homme.

Le Péché Originel a détruit l’Unité Originelle

Cette magnifique Unité Originelle, nous la recherchons tous et sans cesse. Mais, elle a été brisée par le péché. Notre amour est depuis marqué par la concupiscence, c’est-à-dire le désir de posséder l’autre, de le considérer comme un objet et non plus comme un sujet. Et pourtant, ce dynamisme est toujours en nous, il a été déposé par Dieu lui-même qui « vit que cela était très bon ». 

Elle renvoie à une communion plus grande qui est celle entre le Christ et l’Église, c’est l’amour sponsal de référence. Ainsi cette communion sponsale manifeste l’image de Dieu et est marquée par la différence. Dans la Genèse, cela se matérialise par l’utilisation des termes ich et icha (Gen.2) ou creuse et pointu (Gén 1) (cf partie précédente). Cette différence est irréductible : on ne peut pas la dépasser. Elle fait partie de l’humanité qui est duale, homme et femme. 

Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa, homme et femme il les créa

  Genèse 1, 27  

Les caractéristiques de l’amour humain

L’Église nous dit que l’amour humain a 4 caractéristiques essentielles et non réductibles: 

  • C’est une union duale c’est-à-dire qui se vit entre deux personnes
  • C’est une union réciproque qui implique une complémentarité entre l’homme et la femme. Cette complémentarité se révèle concrètement par les organes sexuels mais existe sur tous les plans, intellectuel, effectif, social…
  • C’est une union qui respecte de la différence. La communion n’est pas la fusion. Dans l’Union, chacun reste une personne unique.
  • C’est enfin une union asymétrique car il demeure un espace disponible pour une troisième personne : c’est la fécondité. La communion ne s’épuise pas dans les deux personnes. Elle s’ouvre vers la vie, elle rayonne sur une troisième personne, l’enfant. L’Unité Originelle est par essence féconde parce qu’il y a cette asymétrie, qui n’est pas un manque, mais une ouverture.
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Mais aujourd’hui, cette communion sponsale est profondément blessée et de fait, la communion charnelle est elle aussi blessée.

Parce que cette communion a besoin de la présence de Dieu pour retrouver cette Unité Originelle, l’union des corps ne peut se vivre que dans le sacrement de mariage. C’est la raison fondamentale : avec nos propres forces et à cause du péché originel, il nous est impossible de nous aimer totalement. 

 Avant le Péché Originel, la nudité n’était pas un problème

La troisième expérience fondatrice que vivent Adam et Ève, après la Solitude Originelle et l’Unité Originelle, est la Nudité Originelle.   

Or tous deux étaient nus, l’homme et sa femme et ils n’avaient pas honte l’un devant l’autre

Genèse 2,25  

Cependant, après le Péché Originel, la Bible dit :

Alors leurs yeux à tous deux s’ouvrirent et ils connurent qu’ils étaient nus ; ils cousirent des feuilles de figuier et se firent des pagnes

Genèse 3, 7

Soudainement, apparait la Pudeur.

Avec la pureté originelle, Adam et Ève avait la capacité à s’accueillir réciproquement avec leur corps. Depuis le péché originel, cette capacité est blessée, brisée, marquée par la concupiscence. La pudeur en est le signe. 

Si je cache mes organes sexuels, ce n’est pas parce qu’ils sont sales mais mais parce qu’ils renvoient à quelque chose de si intime que je ne peux plus les présenter à autrui. En effet, depuis le péché originel, l’autre n’est plus capable de les accueillir pour ce qu’ils sont, c’est à dire un appel à la communion.  

La pudeur est d’abord un réflexe de protection, je me protège du regard de l’autre pour ne pas être réduit à un objet. La concupiscence amène automatiquement à la réduction du corps à un objet. Les organes sexuels ne sont plus le chemin pour aller vers la personne entière car le regard s’arrête aux organes eux-mêmes. C’est le drame de la pornographie où la personne n’existe pas, où la relation n’existe pas et où le corps est vu comme une boîte à outils. 

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Le corps : sacrement de la personne

Saint Jean-Paul II parle du corps comme du sacrement de la personne. Un sacrement est le signe visible d’une réalité invisible.

Pour être signe, le sacrement doit porter en lui-même sa signification. Par exemple, dans l’Eucharistie, le Christ n’a pas pris un bout de papier en disant « mangez » ! Il a pris du pain qui a en lui-même la signification de nourriture. De la même façon, le corps en lui-même, dans l’aspect concret des organes génitaux, est le signe de l’appel à la communion. C’est aussi pour cela que seuls les organes génitaux sont cachés par les pagnes, et pas l’ensemble du corps.

Avant le péché originel, en voyant le corps d’Ève, Adam voyait toute la personne d’Ève et inversement pour elle. Mais après le péché originel, ils n’en sont plus capables.

La pudeur nous révèle cela « en négatif ». Elle est ce réflexe qui nous pousse à refuser d’être traitée comme une chose par l’autre. On remarque aussi que c’est Dieu lui même qui habille Adam et Eve avant de les chasser. La pudeur est donc un don de Dieu pour nous aider à revenir à lui depuis le péché originel. 

 Le Seigneur Dieu fit à l’homme et à sa femme des tuniques de peau et les en revêtit.

Genèse 3,21

La pudeur à l’adolescence

Le petit enfant qui est encore pur n’as pas de notion de pudeur ni de sujet tabous. C’est à nous en tant que parents de protéger son corps du regard des autres. Et puis, au moment de la pré-adolescence, vers 10-11 ans pour les filles et un ou deux ans plus tard pour les garçons, la pudeur apparait, presque du jour au lendemain.

C’est un moment très important pour le développement de l’enfant. Là encore il faut être très sensible à ce changement de comportement et être délicat. Votre enfant grandit et c’est avec humilité et bienveillance qu’il faut accueilir ce moment où votre enfant prend conscience que son corps est un trésor.

Si vous voulez en savoir plus : article sur la pudeur

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