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Parmi les faits marquants de nos interventions auprès des adolescents pendant une douzaine d’années, il y en a un qui nous attristait particulièrement, qui est la solitude de l’enfant face à ses parents. Comme si les sujets de sexualité étaient absolument tabous, intimes, intransmissibles. Et plus largement, nous constations le peu de conversations sérieuses et profondes sur des sujets philosophiques ou sociétaux. 

Ils arrivaient en trainant les pieds ou en ricanant bêtement, ils repartaient heureux d’avoir eu un espace de dialogue, d’écoute, et rassurés sur eux-mêmes.

Les filles ne savent rien de leur cycle, ni à 13 ans ni à 20 ans !

Des fables erronées circulent encore ! Leurs mères ne leur ont rien expliqué, ou si peu. Les règles sont le plus souvent considérées comme quelque chose de sale et de surtout très casse-pied. Presque jamais la beauté de la féminité n’est abordée. Les jeunes filles s’en sortent en discutant entre elles, car elles veulent savoir. Mais beaucoup d’idées fausses circulent et même internet n’arrive pas à leur donner une bonne connaissance d’elles-mêmes.

Les garçons, eux, sont bien seuls.

Ils ne communiquent pas entre eux sur ce sujet et sont le plus souvent inquiets sur leur normalité et leur capacité. Dès qu’on entame même la simple description des symptômes de l’adolescence, après avoir baissé les yeux un peu gênés, ils relèvent très vite la tête avec un beau regard franc, comme si on leur révélait que tous les hommes ressentent et vivent la même chose qu’eux, enfin rassurés sur leur normalité et sur leur capacité à rester maîtres d’eux-mêmes. Ils ressortent plus forts, plus sereins après ces échanges en confiance.

Les pères et les mères ont pourtant un rôle fondamental à jouer dans ce domaine.

Il parait essentiel et même fondateur pour la bonne construction affective d’une personne de pouvoir en parler avec ses parents en premier lieu. Car c’est le lieu de la confiance et de l’échange sans jugement, dans le respect absolu de l’autre.

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Et cela doit commencer dès la maternelle, par le simple respect du corps, du sien et de celui des autres, toujours dans l’émerveillement de ce que nous sommes. Cela passe par des paroles et des gestes, parfois éloignés de ce qu’on pense être la sexualité, mais qui appelle à respecter l’autre dans sa différence et pour ce qu’il est.  Refus de la violence, « on ne tape pas, on ne crie pas sur l’autre », etc.. plus l’enfant grandit, plus on précise ce respect et on peut expliquer le plan d’amour de Dieu sur l’homme et la femme. On peut saisir maintes occasions pour parler. Les exemples ou contre-exemples autour d’eux sont des occasions indirectes de leur parler d’eux. Il y en a tous les jours.

Mère, parlez à vos filles de la beauté de la maternité

parents maternité

Magnifier le splendide processus de fécondité chez la jeune fille est une chose qui nous parait être un devoir maternel très important. Dire, devant garçons et filles d’ailleurs, combien la maternité est belle, combien la physiologie de la femme avec son cycle, promesse de vie, est belle. Comment pendant nos périodes fécondes, tout notre corps est porté à la vie, à l’action, à la création, au don de soi. Aborder aussi nos différences psychologiques, intimement liées au fonctionnement de nos corps.

Même le père, qui chez nous, offre son premier bouquet de fleurs à sa fille le jour de ses premières règles à un rôle important à jouer pour lui signifier toute son admiration et son respect pour la femme qu’elle devient. Ce regard de père est si beau et si important pour la jeune fille. Il fonde une belle relation de confiance.

Père, apprenez à vos fils à gérer leurs pulsions

parents enfants

Évidemment, il faut aussi parler aux garçons. Entre hommes. Dès la puberté. Simplement mais sans attendre. Pour partager avec eux cette difficulté peut-être à gérer les émotions mais surtout pour les responsabiliser et leur dire qu’ils peuvent rester maîtres de leur corps. Reconnaitre aussi leurs faiblesses, le danger des écrans et de la pornographie, en particulier. Et les mamans leur diront des années durant combien la femme est respectable, fragile là où ils sont forts, forte là où ils sont faibles.  

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Et leur répéter souvent que seule la complémentarité Homme-Femme vécue dans un échange de leurs talents différents, dans le respect de chacun, rend profondément heureux. L’autre venant compléter de ce qui nous manque pour former une unité unique et féconde.  Merveille du plan d’amour de Dieu que nous n’avons pas fini de découvrir !

Pauline et Denis Gillard-Chevallier

À propos des auteurs : 

Pauline et Denis sont moniteurs Billings depuis 35 ans et ont fait de l’éducation sexuelle pour les jeunes pendant plus de 12 ans. Ils ont commencé l’éducation affective et sexuelle à Lyon avec les AFC (Association des familles catholiques) après une année de formation avec un groupe de parents et sont à l’origine d’un parcours appelé « si tu savais le don de Dieu ». Ils ont proposé ce parcours pendant 2 ans à Lyon puis à Versailles et Compiègne avec la collaboration des AFC et dans certaines écoles privées. 

Découvrez les propositions des AFC concernant l’éducation sexuelle

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